Clark Elliott est au départ un psycho-sociologue, spécialisé dans la conception d’ensemble d’espaces de travail, notamment pour des entreprises du secteur des technologies. Il possède sa propre société de conseil et travaille avec l’entreprise immobilière CB Richard Ellis.
La conception d’un espace de travail nécessite une véritable intégration entre espaces, personnes et technologies. C’est une manière de susciter et conduire le changement, dans un domaine, l’organisation du travail, où les organisations comme les individus sont très conservateurs.
Que pourrait être un environnement de travail à l’ère des réseaux ? Après avoir analysé les échanges réels entre les gens, indépendamment de la hiérarchie, Elliott a commencé à créer des « zones d’activités » adaptées non pas à un poste de travail, mais à des activités différentes : conférence, réunion informelle, café, passer un coup de fil, travailler sur un document, lire… la dimension essentielle étant celle des échanges avec les autres (citation du DSI de Procter & Gamble : « le nouveau labo de R&D est le coin café »), de la connexion entre les gens. Mais il faut aussi des espaces de concentration, de discussions privées.
Ce genre d’organisation est rendue facile par les technologies mobiles et portables, et les réseaux Wi-Fi. On réinvente des bureaux à roues ; certains travaillent debout ; des « points d’eau » émergent pour recharger un appareil mobile, télécharger ses mails, et repartir. Les gens peuvent en permanence choisir leur lieu et forme de travail.
La tendance est donc au développement d’espaces communs pour favoriser la collaboration ; au développement d’espaces de travail non-affectés à une personne donnée ; à la planification personnelle de sa journée, incluant ses espaces de travail…
Remarques personnelles : c’est excitant, intéressant, bien pensé. Mais on ne peut pas non plus s’empêcher de penser que de telles entreprises considèrent leurs employes comme assez interchangeables. Et que l’idée selon laquelle il suffirait d’un coin café pour faire de la R&D est à très courte vue. Reste-t-il des moyens de chercher une idée à tatons, de construire patiemment le projet d’un projet, d’écrire longuement un texte ? Le quotidien de l’entreprise est en effet de plus en plus rapide. Certains auteurs et même chefs d’entreprises s’en inquiètent, cependant. Imaginer des espaces de travail dans lesquels on sait aussi donner le temps au temps, non pas seulement en heures, mais en mois ou années – sans pour autant revenir à l’affectation à tous d’un parallèlépipède clos -, voilà la prochaine étape – j’espère.
John Buckman a fondé avec son épouse le label 

Les nuages de connectivité n’existent pas souvent (les réseaux sans fils tombent, il faut souvent avoir les codes d’accès via un mail ou un bout de papier) et l’accès à la connection ambiante n’est pas forcément aussi évidente qu’on nous la promet. Les portes automatiques ont souvent tendance à se refermer sur vous et ne réagissent pas toujours de la manière dont les utilisateurs le voudraient. Tous les jours, nous sommes confrontés à des interactions réelles imparfaites avec les technologies et les infrastructures qui les supportent.
Nous vivons dans un monde désordonné. Pourquoi ? Parce que nos infrastructures tombent en panne, se cassent, se volent, se dégradent, s’usent, sont vandalisées, on besoin d’être remplacées, d’être réglées, entretenues… Elles sont hétérogènes et nécessitent des adaptateurs pour fonctionner, se connecter les unes aux autres (adaptateur de prises électriques, démultiplication des télécommandes…). Elles ressemblent surtout à des tours de Babel technologiques. Les questions de propriété, de droits d’accès, sont essentielles et non-triviales : c’est-à-dire par exemple qu’on n’a pas toujours accès à une prise électrique ou qu’on cadenasse nos vélos sur le domaine public. Sans compter qu’il faut encore ajouter les particularités culturelles, les choses qui nous semblent à l’envers parce que la culture où elles s’expriment n’est pas la même que la nôtre, comme le montre souvent
Manifester ce que l’on croyait pouvoir rendre invisible. Montrer plutôt que cacher l’informatique ambiante. On peut ainsi montrer les zones qu’une infrastructure Wi-Fi couvre ou non, pour permettre aux gens de jouer avec ces limites. On indique aux gens où ils sont filmés ou où ils ne le sont pas. Une porte automatique montre dans quel sens elle s’ouvre.
Nous nous permettrons de ne pas rapporter en détail l’intervention d’
