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10 février 2007

John Buckman (Magnatune) : Comment faire de l’argent dans un monde où la musique peut être gratuite ?

Classé dans : LIFT07 — Daniel Kaplan @ 8:56

John BuckmanJohn Buckman a fondé avec son épouse le label MagnaTune. Il est également membre du Conseil d’administration de Creative Commons.

“Aujourd’hui l’industrie musicale est l’une des plus détestées – et elle le mérite. La diversité musicale est en baisse, les disques coûtent un prix sans rapport avec leur coût de production, des musiciens peuvent attirer des millions de visiteurs sur l’internet et ne rien gagner… les gens le savent et ont décidé de détruire cette industrie…” Le ton est donné.

Magnatune est un label qui vend de la musique non protégée, avec un slogan : “We are not evil” (“Nous ne sommes pas mauvais”), et qui invente ou teste une grande variété de modèles économiques.

Pour l’amateur de musique, la démarche présente les avantages suivants :
• Une sélection limitée de musique “de qualité” choisie par Magnatune (600 albums)
• La possibilité d’écouter l’ensemble de l’album en streaming, sans limite. Un visiteur sur 42 achète, ce que Buckman considère comme une bonne proportion ; le temps moyen d’écoute est supérieur à 2 heures, ce qui est considérable
• Les acheteurs peuvent choisir le prix d’achat du disque qu’ils vont acheter, entre 5 et 15$. Magnatune recommande 8$ et rappelle que la moitié va au musicien. Résultat : le prix moyen est de 8,70$.

Mais l’industrie du disque gagne surtout de l’argent au travers de la vente de licences : 12 milliards de $ par an selon Buckman, contre 6 milliards de ventes de musique. Magnatune travaille la vente de licences pour des films, etc., sur une base standard et transparente (avec deux limites : pornographie et politique). Le site décrit 16 formes de licence possibles. Tout est publié, il n’y a pas, selon Buckman, de “négociations de couloirs”.

Magnatune aide les internautes à podcaster sa musique, à la discuter, à la faire circuler. Le label recommande par exemple à chaque acheteur d’un album de le copier pour trois amis. Et expérimente beaucoup d’autres démarches originales qui convergent autour de deux idées : en affirmant ses valeurs et les faisant partager par les consommateurs, on crée un modèle économique viable ; favoriser l’exposition de la musique sous toutes ses formes est économiquement productif. Et apparemment, ça marche.

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