Ancien président de Corante, Stowe Boyd est actuellement le P-DG de Blue Whale Labs et l’un des pionniers des “logiciels sociaux”.
Ce que les logiciels sociaux apportent de nouveau, c’est qu’ils ne servent plus à calculer quoi que ce soit, à rendre les choses plus efficaces – mais à transformer la culture d’un groupe. Ce qui est difficile à vendre à des organisations…
“Moi d’abord” ? N’est-ce pas incompatible avec l’idée “sociale” ? Au contraire : le groupe est une notion abstraite. Ce qu’il y a de neuf avec les outils sociaux d’aujourd’hui, c’est qu’ils placent chaque individu au cœur de son propre monde, et qu’ils leur permettent ensuite de s’affilier à des groupes. Le groupe ne précède pas l’individu. C’est donc “moi d’abord”, mes passions, mes relations, mes marchés… et l’appartenance se redéfinit du bas vers le haut. Il n’y a pas un pouvoir central qui définit les groupes, l’organigramme, etc.
Un très grand nombre de start-ups se lancent et disparaissent dans la même année. Comment savoir si une application sociale va fonctionner ou pas ? En cherchant où est “moi”, où sont les gens. Si je ne me trouve pas d’emblée, si je ne trouve pas très facilement d’autres personnes avec lesquelles j’ai quelque chose à partager, alors, ça ne marchera pas. On ne commence pas par le catalogue, ou la place du marché, pour finir par les gens et les relations : il faut faire l’inverse.
Le centre de l’univers, c’est la liste d’amis (la buddylist) : je deviens plus grand par la somme de mes connections, et il en va de même pour mes connections.
En définitive, le moteur principal des gens sur le web est la découverte. La découverte de choses, de lieux (pour découvrir, pour agir) et surtout, de personnes (qui se trouvent dans les espaces)… mais en vérité, la découverte d’eux-mêmes. C’est autour de cette compréhension que peuvent se construire les logiciels sociaux.
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