Jacques Panchard est doctorant à l’EPFL (Lausanne)
Une puce RFID est-elle un capteur sans fil ? Pas vraiment. Elle ne capte rien, elle ne traite rien, elle ne fait que transmettre des données préenregistrées. Par contre, ses avantages sont d’être petite, peu coûteuse et plate – donc facile à installer sur ou dans un très grand nombre d’objets et d’espaces, voire de corps.
Qu’est-ce donc qu’un capteur sans fil ? Techniquement : un capteur, un processeur qui pré-traite les données, une antenne.
Quelle est la promesse des capteurs ?
• La possibilité de nouvelles applications
• La facilité d’installation et d’exploitation (car le réseau est censé s’auto-configurer)
• De faibles coûts d’exploitation
• Des gains de productivité
… Mais aujourd’hui, la réalité est encore loin de cette image :
• Les dispositifs demeurent insuffisamment fiables, idem pour les réseaux (problèmes d’interférence)
• Les équipements demeurent volumineux et coûteux (plus de 100$ par capteur)
• On cherche encore la “killer application”
Applications :
• Contrôle industriel : chaînes de production, gestion d’entrepôt, risques
• Immotique, domotique
• Relevé automatique de compteurs
• Suivi environnemental
• Dans le cas des pays en développement, les réseaux de capteurs peuvent répondre à des besoins importants : le suivi de la qualité de l’eau, par exemple
Applications futures :
• Communications entre véhicules
• Réseaux corporels : applications médicales, mode (accessoires de mode), sport (suivi de la performance d’un athlète)
• Arts et loisirs
Remarques personnelles : la recherche de “l’application qui tue” est sans doute sans issue dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres. Penser les capteurs comme des infrastructures, aussi ouvertes que possible, aux usages aussi divers que possible, constitue sans doute une voie plus féconde. Mais elle suscite ses propres problèmes aussi, en termes de droit d’accès, de partage des informations, de financement, de régulation des usages et de l’occupation de l’espace public, etc.
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